Rencontres Poétiques

Loïc Demey :

           

    Né en 1977 en Lorraine, Loïc Demey vit près de Metz. S’inspirant d'univers poétiques et musicaux, il aime à bousculer la langue afin de la mettre au service du récit. Il a reçu le Prix SGDL Révélation de poésie 2016 pour "Je, d’un accident ou d’amour" (Cheyne éditeur). Son second livre, "D’un cœur léger / Carnet retrouvé du Dormeur du val" (Cheyne éditeur), paru en 2017, donne vie au soldat du célèbre poème d’Arthur Rimbaud.

     Il est également professeur d’Education Physique et Sportive, et intervient en milieu scolaire dans le cadre de rencontres et d’ateliers d’écriture et initie les élèves, notamment dyslexiques, à sa démarche.

     extrait de La Semaine.fr :

     « Bonjour, je m’appelle Loïc Demey, j’ai 37 ans et j’ai écrit un livre ».

    A peu de mots près, c’est ainsi qu’il s’est présenté aux libraires de la région. Pas facile de confier aux autres les mots que l’on a écrit, de les laisser vivre ailleurs, loin de soi. Pour Loïc Demey comme pour les autres auteurs sans doute, cette prise de distance prend du temps. « Aujourd’hui, quand j’ouvre le livre, je suis toujours étonné de voir mon texte dedans », reconnaît-il. Pourtant, ce sont bien ses mots et son histoire, celle d’une rencontre, d’un amour qui s’achève, d’un autre qui commence. « Oui  c’est une histoire d’amour, je le revendique ». Pourquoi une histoire d’amour ? 

Il répond par une autre question, procédé qu’il utilise souvent comme un mode de protection, une façon d’être aussi dans un perpétuel questionnement. « Pourquoi une histoire d’amour ? A quoi cela sert-il de vivre ? Créer et aimer; c’est ce qu’il reste d’une vie ».

Orphelin de verbes

      Dans son livre, les êtres ne s’aiment pas, ils s’amour. Loïc Demey a choisi de bâtir un récit sans verbe.  « J’écoutais une chanson d’Arthur H, inspirée d’un poème de Ghérasim Lucas : une expérience sur la langue où les verbes sont absents. J’ai voulu voir ce que cela donnait de ne pas mettre de verbes ni conjugués ni à l’infinitif. Je suis allé fouiller ailleurs dans des expressions détournées. J’ai travaillé sur la sensualité de la langue. C’est un peu comme quand on goûte une glace à la betterave ou un gâteau à la carotte ». raconte Loïc Demey

         Voilà ce que ça donne : "Adèle se robe rouge et talons à l’affût sur le fauteuil. Je me serviette, elle se debout et m’autour du cou. Je me chancelant, je me trac. Elle me chuchotements d’amour à l’oreille". Difficile à écrire ? « Non. A force d’écrire comme ça, je pensais comme ça ». La lecture de son texte s’articule, se déguste, se partage. Les mots sont des sensations avant de déclencher des émotions. Les verbes s’effacent pour laisser la place à l’essentiel : les sentiments qui s’embrouillent ou se révèlent au fil des pages. A l’origine de ce livre et cette envie d’écrire, il y a un moment particulier. « J’avais besoin de me remettre en question, de savoir qui j’étais ? Où j’en étais et où j’allais », raconte Loïc Demey. « J’ai essayé le sport, la peinture avant de trouver dans l’écriture un écho à ma personnalité. L’écriture c’est tout le temps, les idées prennent vie à tout moment ».

"La pièce se sombre, je m’orage. La fermeture éclair. La robe, tonnerre. Sa tunique en l’air et ses dessous à terre. La rue se lune, le ciel se nuit. Je la nue.

Elle me peau, je la pulpe des doigts. On s’épiderme.

Je me préservatif, je m’hâtif et précipitation. Je me cafouillage. Elle me coup de main. Elle me coup de langue, me coup de hanche. Je l’à-coups, la contrecoups. On se secousses, cratère et volcanique.

Elle s’ébullition. Je m’éruption."

extrait de "Je, d'un accident ou d'amour"

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