Rencontres Poétiques

Jean-Paul Klée :

           

      Jean-Paul Klée est né le 5 juin 1943 à Strasbourg. Son père, Raymond-Lucien Klée, résistant gaulliste, philosophe et ami de Jean-Paul Sartre, est assassiné en 1944 (JPK a neuf ans) par les nazis au KZ le Struthof en Alsace. Une blessure inguérissable qui fissure l’œuvre entière du poète. Et probablement détermine sa farouche détermination au militantisme jusque-au-boutiste.

      Après des études littéraires à l'université de Strasbourg, Jean-Paul Klée se dirige vers l'enseignement. Il publie son premier recueil poétique, L'été l'Eternité en 1970, avec une préface de Claude Vigée.       Enseignant à Saverne de 1971 à 1979, il lit l'ensemble de la poésie alsacienne depuis le début du vingtième siècle et commence à collaborer à de nombreuses revues.

      Militant de l’écologie dès 1977, il y a sacrifié dix ans de sa vie, mais aussi sa carrière d’enseignant. Il s’est engagé dans une croisade contre les dangereux collèges et lycées Pailleron. Son action auprès des médias sur ce scandale caché a débouché sur sa radiation de l’Education nationale en 1991. Il vit aujourd’hui à Strasbourg.

      Ce poète maîtrise tous les tons : du plus drôle au plus vulgaire, du tragique au sublime. Il est aussi remarquable en poésie que dans les pages de son immense journal (pour une grande part non publié). 

      Son Retour au Struthof (1994) est l'un des plus forts cris de la poésie francophone depuis 1945 -- prolongement du poème la Crucifixion alsacienne (1970). Son style, reconnaissable entre tous, est unique dans la poésie française contemporaine : il en fait une grande voix de la francophonie.

      ... voici ce qu'en dit notre indispensable ami Claude Billon, un de ses proches compères en humanité et poésie :

Jean-Paul Klée, le grand vivant

qui est, comme le Soleil, de cette sorte d’anarchiste qui, 

chaque jour, refuse les ténèbres !

Une des œuvres les plus fortes de la poésie fran-çaise contemporaine ! 

 Ne sait faire qu’écrire, depuis l’âge de douze ans, et ce n’est pas parce qu’il est dans sa soixante treizième année qu’il va cesser de mettre son verbe à jouir !  Poésie en action, parole en acte, une voix de suite reconnaissable et accessible, avec ce ton fraternel, oui un ton tonitruant et qui fait sacrément bon ménage avec l’écriture-liberté ! 

et basta l’égo, foutre-crève l’orgueil ! 

voici donc une intimité fraternelle avec l’écriture où toutes les fantaisies,

la gravité, tous les coups de gueule sont permis ! 

son Métier de poète absolu il le fait chapeau-bas, au jour le jour,

non pour lui, non pour se volcaniser le nombril,

mais pour le triomphe de la vie !

Une soirée avec Jean-Paul Klée reconnu comme poète et passeur,

est de salubrité publique, la vie de ce militant écolo-colère et la verve de son œuvre sont indissociables

Sa « contagion » poétique est sans égal : une nécessité absolue de mettre

la Poésie des autres  en partage, la sienne en offrande.

Autant à lire qu’à ouïr, son grand-Œuvre est force jouissive :

MERCIS d’en profiter sur le champ !

« …/…

Les HOMMES sont pires que les chiens les cochons les / rats / les plüs püants asticots ; avec eux ils se nourissent / de / LA…

MORT ; bientôt c’est l’UNIVERS tout entier qui les vomira (les abominera) les a-

néantira — N’est-ce pas « cela » que très confusément…

nous espérons ??… »

 

in "poëmes de la noirceur de l'occident" / VOMIR !… (extrait)